Devant un rayon de radiateurs électriques, les prix vont de 40 € à plus de 1 000 €. Les étiquettes promettent toutes « confort » et « économies ». Pour s’y retrouver, il faut d’abord comprendre une vérité que les vendeurs disent rarement : tous les radiateurs électriques transforment 1 kWh d’électricité en 1 kWh de chaleur. Aucun n’est « plus efficace » que l’autre à ce niveau-là. Ce qui change, c’est la manière dont la chaleur est diffusée (et donc votre confort), et la précision de la régulation (et donc ce que vous consommez réellement).

Ce qui fait vraiment la différence

Un radiateur qui chauffe mal oblige à monter le thermostat. Un radiateur sans programmation chauffe une pièce vide. C’est là que se perdent les euros. Retenez donc deux critères :

  1. La qualité de la chaleur : chaleur sèche qui monte au plafond, ou chaleur douce et homogène qui chauffe aussi les murs et les objets.
  2. La qualité de la régulation : thermostat électronique précis, programmation horaire, détection de fenêtre ouverte, détection de présence.

Depuis 2018, un règlement européen d’écoconception impose aux radiateurs électriques fixes vendus neufs une régulation électronique et des fonctions d’économie d’énergie. Les très vieux modèles à molette sans repère de température ne répondent plus à ces règles. Si vous en avez encore, c’est souvent par eux qu’il faut commencer.

Les quatre grandes familles

Le convecteur (le « grille-pain »)

Il chauffe l’air qui passe à travers une résistance. L’air chaud monte, l’air froid descend : la chaleur s’accumule au plafond, le sol reste froid. L’air devient sec. Il chauffe vite et coûte très peu à l’achat, mais le confort est faible et on a tendance à monter la température pour compenser.

Pour qui ? Une pièce rarement occupée, un garage aménagé, un appoint ponctuel.

Le panneau rayonnant

Une plaque métallique chauffée émet un rayonnement, un peu comme le soleil : elle chauffe les personnes et les objets en face d’elle. Beaucoup de modèles combinent rayonnement et convection. Le confort est meilleur que celui du convecteur, la montée en température reste rapide, le prix reste abordable.

Pour qui ? Une chambre d’amis, un bureau utilisé quelques heures, une pièce où l’on veut de la chaleur vite.

Le radiateur à inertie

Il contient un « cœur de chauffe » qui accumule la chaleur puis la restitue lentement, même après que la résistance s’est arrêtée. On distingue :

  • l’inertie fluide : un liquide (souvent une huile ou un fluide caloporteur) circule dans le corps du radiateur ;
  • l’inertie sèche : le cœur est un bloc de fonte, de céramique, de pierre ou d’aluminium.

La chaleur est douce et stable, sans à-coups. On ressent la même température avec un ou deux degrés de moins sur le thermostat. Or, chaque degré en moins représente environ 7 % de consommation en moins sur le chauffage, selon l’ordre de grandeur couramment retenu par les organismes de l’énergie. C’est là que se trouve l’économie réelle, pas dans une prétendue efficacité supérieure.

Inconvénients : il est plus lourd, plus cher, et il met plus de temps à chauffer une pièce froide. Il est donc moins adapté à une pièce chauffée par moments.

Pour qui ? Le salon, les chambres, toutes les pièces où l’on vit plusieurs heures par jour.

Le radiateur à accumulation

Il stocke la chaleur pendant les heures creuses, la nuit, dans des briques réfractaires, et la restitue pendant la journée. Il n’a d’intérêt que si vous avez un contrat avec heures creuses et une grande différence de prix entre heures pleines et heures creuses. Il est très lourd et doit souvent être fixé au sol.

Pour qui ? Les grandes pièces occupées toute la journée, avec un abonnement heures creuses avantageux.

Tableau de choix rapide

Type Confort Montée en chaleur Prix d’achat Idéal pour
Convecteur Faible Très rapide Très bas Appoint, pièce peu utilisée
Panneau rayonnant Correct Rapide Bas à moyen Chambre d’amis, bureau ponctuel
Inertie fluide Bon Moyenne Moyen Chambres, petites pièces de vie
Inertie sèche Très bon Plus lente Moyen à élevé Salon, pièces occupées longtemps
Accumulation Bon Prévue la nuit Élevé Grandes pièces avec heures creuses

Quelle puissance pour quelle pièce ?

La règle la plus utilisée est simple : environ 100 watts par m² pour une hauteur sous plafond de 2,50 m, dans un logement moyennement isolé. Corrigez ensuite :

  • logement récent et bien isolé : 70 à 80 W/m² ;
  • logement ancien ou mal isolé, pièce en angle, grandes fenêtres : 120 à 150 W/m² ;
  • plafond plus haut que 2,50 m : augmentez à proportion.
Surface de la pièce Logement bien isolé Isolation moyenne Mal isolé
9 m² 750 W 1 000 W 1 250 W
12 m² 1 000 W 1 250 W 1 500 W
15 m² 1 250 W 1 500 W 2 000 W
20 m² 1 500 W 2 000 W 2 500 W ou 2 appareils
30 m² 2 000 W 3 000 W en 2 appareils 4 000 W en 2 ou 3 appareils

Ces valeurs sont des ordres de grandeur arrondis aux puissances vendues. Au-delà de 2 000 W, il vaut mieux deux radiateurs répartis dans la pièce qu’un seul gros : la chaleur est plus homogène, et chacun peut être placé sous une fenêtre.

Ne sous-dimensionnez pas pour « économiser » : un radiateur trop faible tourne en permanence à fond sans atteindre la température voulue. À l’inverse, un radiateur un peu trop puissant avec un bon thermostat ne consomme pas plus : il s’arrête plus souvent.

Pièce par pièce

Salon et séjour

C’est la pièce où l’on passe le plus de temps immobile, assis. Le confort compte plus que la vitesse de chauffe : inertie sèche ou fluide, avec programmation pour baisser la température la nuit et pendant les absences.

Chambres

On y dort à 16 à 18 °C, et elles sont souvent vides en journée. Un radiateur à inertie programmable fonctionne bien. Pour une chambre d’amis, un panneau rayonnant suffit.

Salle de bain

Le choix habituel est le sèche-serviettes, qui chauffe la pièce et sèche le linge. Les modèles avec soufflerie d’appoint donnent un coup de chaud rapide au moment de la douche. La salle de bain impose des règles de sécurité précises : selon la distance avec la baignoire ou la douche, seuls certains appareils sont autorisés, avec un indice de protection contre l’eau adapté. Choisissez un appareil prévu pour la salle de bain et faites poser par un électricien si vous avez un doute sur l’emplacement.

Cuisine

La cuisson et les appareils chauffent déjà la pièce. Un panneau rayonnant de puissance modérée suffit souvent.

Entrée, couloir, pièce peu utilisée

Un convecteur programmable ou un petit panneau rayonnant. Inutile de payer un radiateur haut de gamme pour un couloir où l’on passe dix secondes.

Les fonctions qui font économiser

Ce sont elles, plus que le type de radiateur, qui réduisent la facture :

  • Thermostat électronique : il maintient la température au demi-degré près. Les vieux thermostats mécaniques laissent la température varier de plusieurs degrés.
  • Programmation : confort quand vous êtes là, réduit la nuit, hors-gel quand vous partez. Elle peut se faire sur l’appareil, par fil pilote depuis un programmateur central, ou par application.
  • Détection de fenêtre ouverte : le radiateur se coupe quand vous aérez.
  • Détection de présence : il baisse tout seul la température quand la pièce est vide.

Un radiateur à inertie sans programmation, réglé à 21 °C jour et nuit, consommera plus qu’un panneau rayonnant bien programmé. La régulation l’emporte toujours.

Les températures de référence

Pour régler votre programmation, les repères habituellement recommandés sont :

  • 19 °C dans les pièces de vie quand vous êtes là ;
  • 16 à 17 °C dans les chambres la nuit ;
  • hors-gel (environ 8 °C) pendant une absence de plus de deux jours.

Les erreurs à éviter

  • Placer le radiateur derrière un canapé ou sous une tablette : la chaleur reste coincée, le thermostat se trompe de mesure.
  • Couvrir le radiateur pour sécher du linge (hors sèche-serviettes) : risque de surchauffe et régulation faussée.
  • Payer pour un label que l’on ne comprend pas : demandez plutôt quelles fonctions de régulation sont présentes.
  • Oublier l’isolation : dans une passoire thermique, changer les radiateurs améliore le confort mais ne règle pas le fond du problème. Isoler les combles, changer une fenêtre ou poser des joints peut faire plus que n’importe quel appareil.

Et la pompe à chaleur ?

Si vous chauffez tout le logement à l’électricité et que la facture est lourde, une pompe à chaleur (air-air ou air-eau) produit en moyenne plusieurs kWh de chaleur pour 1 kWh d’électricité consommé, ce qu’aucun radiateur ne peut faire. Elle demande un investissement et des travaux beaucoup plus importants, et des aides publiques existent sous conditions. C’est une autre décision, à étudier sur un logement entier, pas pièce par pièce. Le service public France Rénov’ informe gratuitement sur ces travaux et ces aides.

En résumé

Votre besoin Notre choix
Pièce de vie occupée longtemps Inertie sèche ou fluide, programmable
Chambre Inertie programmable, ou rayonnant pour une chambre d’amis
Salle de bain Sèche-serviettes prévu pour la salle de bain
Pièce peu utilisée Panneau rayonnant ou convecteur programmable
Appoint ponctuel Convecteur mobile, jamais en chauffage principal

Choisissez d’abord la bonne puissance, puis le type selon l’usage de la pièce, puis vérifiez la régulation. Un radiateur bien choisi et bien programmé vous fera dépenser moins qu’un modèle plus cher mal réglé.